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ReNeCoFor : un reseau contre la pollution de l’air

Le réseau ReNeCoFor (REseau National de suivi à long terme des ECOsystèmes FORestiers) a été créé suite aux dépérissements forestiers observés dans les années 1970 et 1980, surtout certaines régions européennes aux sols pauvres et exposées à des pluies acides. La constitution d’un réseau européen de placettes d’étude de la santé et des maladies des forêts était la Résolution “S1″ de la conférence d’Helsinki sur la forêt, réunie à Strasbourg en 1990. 25 ans après, ce reseau est toujours d’actualité et pourraient nous apporter des informations precieuses sur l’impact du rechauffement climatique sur les écosystèmes forestiers.

Reseau ReNeCoFor
Placette HTE30 du Mont Aigoual, région Languedoc-Roussillon


Photographie et texte © Giada Connestari
Le mont Aigoual est un site d’exception. Son sommet, situé au coeur de la chaîne montagneuse de Cévennes, est touché par les vents en provenance de la mer Méditerranéen et de l’océan Atlantique. Cette particularité est à l’origine d’une météorologie extrême. Ce n’est pas un hasard si la placette RENECOFOR la plus pluvieuse de France se trouve a seulement quelques kilomètres du point culminant de l’Aigoual.
« C’est un site magnifique – raconte Guy MONZO, technicien forestier au sein de l’unité territoriale Aigoual – mais il faut s’accrocher pour y habiter. Les pluies, le brouillard, la neige… tout ici a une intensité exceptionnelle. C’est la beauté de cette forêt, et sa richesse, qui compense généreusement de la dureté du climat ». Tout autour, la forêt est dominée par des hêtres endémiques, capable de supporter aussi bien des hivers rigoureux que des sècheresses prolongées.
Des graines ont même été placées en chambre froide afin de conserver cet écotype au cas où une maladie, tel qu’un champignon, vienne décimer ce peuplement pur.
Dans la placette RENECOFOR HET30, Guy suit l’évolution et la croissance de 36 de ces arbres depuis 25 ans. Avec Erwin ULRICH et Pierre ROUILLET ils ont dû repenser le système de collecte d’eau afin de faire face à une pluviosité pouvant attendre 600mm/m² par jour. Ainsi, l’eau de pluie qui tombe naturellement se déverse sur trois tonneaux, dont seul le premier sert à l’analyse qualitative de l’eau alors que les autres deux servent seul à sa mesure quantitative.
Egalement, les prélèvements d’eau de Ruissellement du Tronc et des Solutions de Sol ont été équipés de ce système spécifique au mont Aigoual. Guy prélève des échantillons de 250 mm d’Eau de Pluie, d’Eau du Ruissellement du Tronc et des Solutions du Sol chaque semaine. Après chaque relevées, il nettoie méticuleusement les appareils à l’eau déminéralisée afin d’éviter toutes contaminations des installations, assurant ainsi la précision des analyses chimiques. Cette placette sous-couvert est couplée d’une autre, hors-couvert, équipée d’un pluviomètre à lecture directe. D’un point de vue des analyses
chimiques, cette dernière permet de connaitre la composition de l’eau de pluie non filtrée par le feuillage des arbres.
Passionné par son métier, Guy échange les données de pluviométrie avec Méteo-France dont la dernière station météo de montagne habitée encore en activité se trouve sur le sommet de l’Aigoual. « A mon échelle, j’ai remarqué une forte diminution de chute de neige. Mais pour évaluer des différences météorologique, il faut au moins 30 ans de suivi. Selon Météo-France, installé sur l’Aigoual depuis le siècle dernier, la température locale aurait augmenté
de 1 dégréais, et ce changement se serait avéré dans les derniers 30 ans ».
Ainsi, les données soigneusement collectées par les forestiers de l’ONF depuis 25 ans dans les 102 placettes RENECOFOR installées partout en France pourrons bientôt être un témoin majeur de l’impact du changement climatique sur les écosystème forestier à l’échelle nationale et internationale.

Reseau ReNeCoFor
Placette HTE60 de Compiègne, région Hauts-de-France

Photographie et texte © Giada Connestari

L’antenne expérimentale de Compiègne a pour but la recherche de nouvelles installations techniques dans les massifs forestiers, avec des objectifs d’exploitation, paysagère ou bien écologique. Chargée de la gestion des forêts dans le nord-ouest de la France, cette antenne suit une cinquantaines d’expérimentations sur une durée de 15/20 ans.
Depuis 1992, la forêt domaniale de Compiègne abrite aussi la Placette RENECOFOR HET60. Jérôme Piat – Chargée de Recherche – Développement – Innovation, a participé au choix de la parcelle, sélectionnée pour l’âge et pour la pureté de son peuplement de hêtre, une espèce représentative des forêts de la moitié nord de la France. En effet, ces hêtres nés entre les deux guerres avaient à l’époque un âge entre 1/3 et 2/3 de l’âge totale d’exploitation, de 120 ans en moyenne, ce qui correspondait parfaitement aux caractéristiques recherchées.
Depuis, Jérôme a vu grandir ces arbres au fil du temps. Chaque deux ans, il prélève des échantillons foliaires au fusil. Cette pratique, qui nécessite une certaine expérience, permet d’analyser la composition des feuilles à leur plein développement, en les prélevant directement sur des branches situées en hauteur. Les mesures dendrométriques, réalisées chaque 5 ans, permettent en revanche de suivre la croissance des arbres sur le long terme. On mesure le diamètre
de la circonférence du tronc, la hauteur totale de l’arbre ainsi que la hauteur du tronc avant la premier branche. Enfin, les prélèvements pédologiques permettent de connaitre la composition du sol et d’en suivre l’évolution chaque 15 ans. On analyse alors la granulométrie, la texture ainsi que les composants chimiques. Cette dernière permet d’évaluer la nutrition des arbres, mais aussi de faire un bilan entrée/sortie du carbone au niveau de la forêt.
Ces données sont aujourd’hui très précieuses, car elles permettent d’étudier l’impact du changement climatique sur les écosystèmes forestiers : « A l’ONF, nous savons depuis 25 ans que l’augmentation des températures et de la teneur en CO2 dans l’air accélère la croissance des arbres ; cet effet est clair et net dans tout type d’écosystème. Mais pendant combien de temps ? En effet, pour bien pousser, les arbres ont aussi besoin des carburants : l’eau, les minéraux
et les éléments organiques du sol sont à cet égard indispensables. Cependant, à l’heure actuelle nous ne connaissons pas l’impact du réchauffement climatique sur ces nutriments. », explique Jérôme. « Grace aux données que nous enregistrons depuis 25 ans, l’ensemble du réseau RENECOFOR pourra nous apporter des réponses. Et cela est bien l’intérêt majeur de ce programme : il ne se limite pas au constat, mais cherche à comprendre par diverses disciplines.

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